1-2 Origine du Crossage

  • Origines du Crossage en rues dans notre région

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    ORIGINES DU CROSSAGE (dit aussi CROCHAGE),

    trouvé sur le net de la ville de Chièvres,

     mais j'aurai pu vous parler de Blaton....., le texte est un peu long , jen suis désolée, mais pour bien vous expliquer ce folkore, je ne pouvais rien en ôter. Tous les villages de cette région crochent au Mercredi des Cendres.

    Bonne lecture.

    Des peintures rupestres nord africaines nous illustrent dans une scène pastorale,

     un individu,

    à l'attitude penchée vers l'avant dont les bras sont prolongés d'un manche au bout duquel une rotondité fait immédiatement penser à une attitude de jeu de golf, cricket ou encore au crossage.

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    Est-ce déjà là, une pratique, pour concentrer le bétail, analogue à celle qu'utilisent les bergers landais pour propulser au moyen de la houlette, des mottes de terre vers les brebis trop aventureuses. ? Qui sait?

    Les textes anciens attestent en Europe la présence de ce jeu aux XIIIième et XIV ième siècles au travers de récits, d'anecdotes ou d'interdictions.( Le crossage au Pays vert par Gilbert SMET).

    Le comte Guillaume de Hainaut, le 8 juin 1332 dépense quelque deniers à l'achat de choles.

    Dans nos contrées picardes, c'est-à-dire le nord de la France, la Flandre et le Hainaut, la pratique de ce jeu remonte au moins à 500 ans et est déjà abondamment illustrée dans les riches Heures du Duc Jean 1er de Berry, 0340-1416) et le Livre d'Heures de Marie de Bourgogne.

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    Il n'est pas exclu, qu'en ces temps lointains, le statut particulier de pôle comtal de notre " Bonne Ville de Chièvres" en ait favorisé la pratique en ses murs et surtout la survivance de ce jeu jusqu'à nos jours.

    L'iconographie bourguignonne ci-dessous nous montre en effet que le crossage se pratiquait au XIVième siècle, l'hiver, sur les places pavées, à l'intérieur de l'enceinte urbaine de la ville et consistait à projeter une boule ou grosse balle de bois au moyen d'un sabot emmanché et tenu à deux mains, vers une cible ressemblant à une haute quille effilée.

    Pour l'occasion, nous découvrons les joueurs au nombre de deux équipes de quatre, parés de beaux atours, pourpoints, bonnets et poulaines, ce qui atteste que le crossage était aussi pratiqué par les bourgeois aisés.

    Le jour du crossage à Chièvres est immuable: le Mercredi des Cendres après-midi, lendemain du Mardi Gras, de la médianoche et de ses frasques carnavalesques.

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    La date fluctue cependant dans une fourchette de 28 jours, en fonction du calendrier lunaire fixant annuellement la fête de Pâques, fin du Carême.

    LE MATERIEL ACTUEL

    La fin de l'hiver a toujours été l'époque des coupes de taillis et des saules têtards; ce bois local se raréfie dans notre paysage rural.

    Aujourd'hui, la tradition du crossage en rue veut que la boule de bois, la soule que le patois désigne par "el chole", soit fraîchement tournée dans du bois tendre tel que peuplier.

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    Pour raisons de sécurité, sous l'impulsion du Comité Crossage, ses dimensions tendent à se standardiser au gabarit de Il centimètres de haut pour 10 centimètres de diamètre tourné de forme oblongue.

    Avantageusement, la longue fibre du saule, sa souplesse et sa légèreté font de ce bois un excellent matériau apte à encaisser le choc de l'envol, à rouler et par son élasticité à favoriser les précieux rebonds.

    La crosse (macroche) ou maillet (makés) mais aussi appelé chez nous "rabot" n'a guère évolué depuis l'ère de la Toison d'Or. Un long manche, permettant la saisie des deux mains, est terminé par une tête en forme de sabot de bois massif, dont l'emmanchement est légèrement incliné par rapport à l'axe vertical du sabot pour permettre la tenue et la frappe face au "choleux".

    Tout comme les manches des outils aratoires, celui du rabot est en frêne, dont les longues fibres élastiques amortiront l'impact du sabot contre la chole.

    La crosse a souvent été réduite à sa plus simple expression; un manche de bois, choisi dans une branche munie d'un coude naturel et taillée au couteau faisait souvent l'affaire.

    La tête façonnée comme un sabot est tirée d'un bois plus dur, traditionnellement le chêne, le frêne et arrondie au bas; l'avant du rabot est échancré d'un bec pour permettre la levée de la chole lorsque cette dernière reste coincée contre la bordure d'un trottoir.

     


    La cible n'est plus une quille, comme à l'époque bourguignonne, mais un tonnelet de bois ou tonne d'où est tiré l'appellation le "crossage à la tonne". Actuellement il est coutume d'user d'un fût à bière métallique et très bruyant à l'impact.

    Auparavant, le transport de liquides et plus particulièrement de la bière, boisson fabriquée dans tous les villages et les grosses fermes, se faisait à l'aide de fûts en bois.

    Peut-être aussi motivés par la popularité de ce jeu qui aurait tendance à simplifier les règles et le matériel, nos ancêtres employaient ce qu'ils trouvaient à portée de la main.

    En tout cas, dans la région de Mons, les pèlerins de Saint-Antoine s'adonnaient au crossage, le Saint est représenté tenant une macroche à la main. Ils se rendaient à l'office de la Chapelle en crossant et au dernier coup, percutaient la porte même de la chapelle.

    Savourons au passage l'usage de l'expression "faire toutes les chapelles".

    PAS N'IMPORTE QUAND, NI N'IMPORTE OU

    La pratique du crossage s'étend encore de nos jours jusqu'en Picardie.  Beloeil, Basècles, Péruwelz, Wiers, Vieux Condé, Valenciennes.

    Elle ne coïncide pas toujours avec le carnaval, mais aurait été fixée au mercredi des Cendres,  pour faire la nique à l'austérité cléricale du début du jeûne prôné par l'évêché.

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    A Chièvres, la date est renforcée par arrêté communal, au mercredi des Cendres, de midi au coucher du soleil. Diverses communes y consacrent d'autres jours: soit le Lundi des Carniaux ou le Mardi Gras, parfois durant toute la semaine.

    Mais cette activité exubérante tire son origine des festivités liées à la période du carnaval, lui-même profondément ancré, malgré les efforts séculaires de l'église pour le "masquer" ,dans l'expression de la joie populaire profane à l'égard du renouveau saisonnier, de la progression du soleil sur la nuit qui nous transporte d'emblée dans des temps vieux de plusieurs millénaires.

    La particularité chièvroise réside surtout dans le fait que pour l' heure, une partie de l' intra-muros est interdite par l'autorité communale à toute circulation routière ( exception pour les bus du TEC) ce qui libère un espace réservé à la fougue des équipes de crocheux


    PREPARATIFS

    Plusieurs jours avant la date cruciale, les crocheux inspectent minutieusement leurs ustensiles, fourbissent leurs crosses, se réapprovisionnent en choles. Chacun reprend contact avec ses équipiers.

    Dans les grosses équipes réunies pour l' occasion dans leur local ou café attitré, les préparatifs consisteront à dénombrer leurs participants, à tirer au sort les formations des équipes de 2 ou 3 crocheux, à se rappeler les beaux coups de l'année précédente, à se moquer de la maladresse du débutant, à souffrir de la perte d'un coéquipier, à fixer le lieu de ralliement

    Certains se réapprovisionnent en choIes chez le menuisier, les autres commandent un nouveau maillet pour ne pas en être dépourvu si le manche cassait en pleine joute.

    Rituellement, les maillets et choIes sont plongés dans l'eau le lundi soir afin de les faire gonfler pour une meilleure tenue aux chocs.

    L' habillement reste libre: veston, grosses bottines, bonnet; cependant, le carnaval oblige et il n'est pas rare de croiser des équipes affublées de déguisements divers. Cette pratique devrait se manifester davantage.

    Le mercredi matin, les vitrines des commerçants sont protégées par des treillis, les soubassements par des planches. Les volets se ferment, les voitures désertent la Grand' Place.
     

    LE GRAND JOUR

    L'ambiance de la buvette, d'abord fraîche en cette saison monte au fur et à mesure qu'entrent les équipiers...cette année on va faire mieux...c' est promis.

     

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